À pied, à vélo, en kayak. Le plus souvent seule, quelque part au bout du monde – plus c'est froid, mieux c'est. Kamila Kielar choisit des destinations et des défis hors des sentiers battus pour, à son retour, donner une voix à ceux qu'on a oubliés. Lauréate de prestigieux prix de voyage – le Kolos et le National Geographic Traveler – elle célèbre chaque projet avec un verre de… LYO Mango Lassi.
Réalisations sélectionnées
Comment décrirais-tu ta relation avec la nature ?
Comme la plus intime qui soit – tendre, attentive et addictive.
Si Mère Nature pouvait parler, que nous dirait-elle ?
De nous reprendre en main. Immédiatement.
Quelle expédition t'a le plus façonnée en tant que personne ?
Je crois que c'est ma participation à un relais cycliste retraçant l'itinéraire de Kazimierz Nowak à travers l'Afrique (2009–2011). Premièrement, ça m'a donné l'élan de comprendre qu'on peut emmener un vélo en expédition jusqu'au bout du monde – et quelques mois plus tard seulement, je pédalais en solitaire à travers l'Alaska, ma destination de rêve. Deuxièmement, des dizaines de passionnés ont participé au projet – des gens attirés non pas par les voyages ordinaires, mais par l'exploration et les grandes aventures – ce qui a posé les bases de mon univers de voyage et élevé le niveau de mes ambitions. Troisièmement, le projet reposait sur l'idée de marcher dans les traces du voyageur polonais oublié Kazimierz Nowak, pour le rendre à la mémoire collective. C'est alors que j'ai compris que j'attendais plus de mes voyages que de simples cases à cocher, et que le voyage devait n'être qu'un prétexte pour parler de choses importantes. Quatrièmement, tout cela s'est déroulé au début de ma vingtaine, au moment où je traçais encore mon chemin d'exploratrice – ce qui a rendu ces éléments d'autant plus forts et durables.
Quelles qualités essentielles doit avoir ton compagnon de voyage ?
La plupart du temps, je voyage seule et j'adore ça ! Mais si je pars avec quelqu'un, cette personne doit absolument être unique, intéressante et sans propension à se plaindre. Et pour les projets plus exigeants, pour des raisons de sécurité aussi, elle doit avoir un niveau de compétence similaire et, surtout, garder son calme en situation de crise.
Quel produit LYO est indispensable à tes expéditions ?
Le Mango Lassi, à 100 % !
C'est un énorme boost de motivation et une vraie récompense – un moment de plaisir pur et sans compromis. Je le garde toujours pour la fin d'un projet et j'en fais ma célébration ! Parce que manger, ce n'est pas seulement se remplir l'estomac – c'est fêter les saveurs !
Si tu ne faisais pas ce que tu fais, que ferais-tu ?
Je serais biologiste marine.
Alors pourquoi le voyage et l'exploration ?
Parce que depuis l'enfance, c'est la chose la plus naturelle de ma vie – d'abord sous forme de vacances entières sous la tente, en forêt, en montagne et en kayak ; puis de plus en plus loin, de plus en plus longtemps, et généralement vers des endroits toujours plus froids. Pendant mes études, j'ai passé plus de temps à voyager qu'en amphithéâtre (mais la nature du journalisme m'a valu la bienveillance de mes professeurs, à qui je rapportais des reportages). Tout ça me semblait si évident et naturel que pendant longtemps je n'ai même pas réalisé que ça pouvait s'appeler des « expéditions » – je me souviens encore du regard de mon amie quand j'essayais de lui expliquer que passer plusieurs mois seule en Alaska, à vélo et sous tente, c'était juste des vacances comme tout le monde, pas une « expédition ». Je fais donc simplement ce qui m'a toujours semblé le plus naturel – et ce qui m'a toujours rendue heureuse.
De plus, aujourd'hui, face à ce qui se passe dans le monde et dans l'impossibilité de détourner le regard, je crois que le privilège de vivre et voyager ainsi implique une responsabilité : celle de raconter des histoires dans la voix de ceux qui n'en ont souvent pas – les communautés locales, la nature, les minorités ; des endroits qu'on n'entend pas dans les médias, avec leurs défis et leurs luttes. (Peut-être qu'en dépit de toutes ces absences, j'ai quand même retenu quelque chose de mes études de journalisme…). Aujourd'hui, un reportage d'expédition – que je publie ensuite sous forme d'article, de podcast ou de conférence – est la valeur la plus importante et la plus puissante que je possède et que je peux transmettre. C'est pourquoi je continue de ramener des histoires du bout du monde.